À 29:15 LA DÉCEPTION TOTALE

L’EXPRESSION NON SÉLECTIVE

Préparation à l'entrevue

Beaucoup de gens aiment me lire et m’entendre à la radio en raison de mon franc parlé. Cette façon de m’exprimer m’habite en permanence et n’est pas sélective ni dépendante des protagonistes concernés. I always tell like it is.  Ceux qui me suivent depuis quelques années savent déjà que je donne toujours à César ce qui lui revient de droit et que je ne me cache pas non plus pour dire les 4 vérités à quiconque en préservant minimalement mon sceau de gentilhomme.

CONVICTONS VS MENACES

Quoique cela m’ait valu des menaces publiques «Je vais faire une momie avec toi quand je vais te voir » et des tentatives d’intimidation à peine voilées après avoir exposé des faits sur des personnes. Cela ne m’a jamais ébranlé et ne le devrait guère pour toutes personnes qui exercent le métier de journaliste et surtout, qui s’identifie d’une façon ou d’une autre à un Guerrier des temps modernes.  Dans les arts martiaux on dit qu’il faut savoir critiquer les styles et les méthodes sans haïr. C’est avec cette attitude que j’ai fait le tour de beaucoup d’écoles et que j’écris mes textes. Mes éditeurs ont compris que j’étais une personne de conviction et non un candidat dans un concours de popularité.

JOUER POUR SON ÉQUIPE

En tournage JF Caron

Au début du mois, aux heures de grande écoute matinale, le champion canadien des hommes forts est passé en entrevue à la radio. Après 3o minutes d’entrevue, l’animateur lui dit : « Les films (les réalisateurs) doivent courir après vous autres (pour des rôles de gros bras). Il doit y avoir une demande.» Le champion qui a tout son temps pour s’exprimer sur le sujet lui rétorque  lentement: « Il y a un documentaire, euh plutôt un film… sur la vie de Louis Cyr qui est en cours présentement (…) ça va être populaire.» Ainsi, il clôt le sujet. 

Aucun mot, aucune expression connue, aucune image ne peut traduire la stupéfaction, le dépassement, l’ahurissement…durant les 5secondes qui ont suivi cette déclaration. Difficile d’imaginer comment tendre une meilleure perche pour parler d’un film le concernant.

Tournage La Fache Cachée de la Force

Jean-François Caron a eu la chance de se mesurer à un ancien boxeur professionnel et a été initié à la lutte dans le cadre des tournages de La Face Cachée de la Force. Une expérience qu’il a trouvé particulièrement amusante.

Jamais durant les entrevues des dernières semaines, ni des dernières années, ce sympathique colosse n’a cru bon de mentionner ni le réalisateur, Gino A. Vaillancourt alias Le Guerrier Moderne ni les nombreux tournages  auxquels il a participé pour LA FACE CACHÉE DE LA FORCE, le documentaire sur les hommes forts le mettant en vedette. Et ce, malgré mes remarques et ma sensibilisation sur le sujet durant nos rencontres. Surtout que le film est une production indépendante à la recherche de commanditaires.

Mon entourage a probablement bien raison : tout ce que je peux faire pour donner une visibilité à ces athlètes sur mon site web, dans les magazines, par des montages vidéos, par des auditions, à la radio et l’impact que ce film documentaire peut avoir sur leur carrière et l’artefact visuel qu’il constituera pour eux et leurs proches :  n’est tout simplement pas considéré. D’aucune façon.  Malheureusement. « Ils ne sont pas conscients de ça eux, c’est plate qu’ils ne jouent pas pour leur équipe, me disait un ami de longue date entre deux verres de rhum.»

« CE NOIR CONSTAT M’OBLIGE À PRENDRE DES RISQUES, À LIBÉRER MA PENSÉE, À DEVENIR UN JOURNALISTE » – paroles de la chanson Dangerous du groupe IAM

Depuis 2004, il m’est arrivé moult fois d’être interpellé pour donner un coup de main pour :  écrire un texte sur des athlètes peu connus, pour les prendre en photo, leur faire des montages vidéos,  faire des téléphones pour tenter de trouver des commanditaires et pour leur offrir du temps d’antenne à la radio. Ce que j’ai toujours fait de bon coeur et sans avoir d’attente en retour.

Je me rappelle d’avoir été touché par l’injustice qu’était victime une boxeuse de niveau international et qui avait besoin de commanditaires puisque sa fédération lui tournait le dos. J’avais fait des démarches auprès de mes contacts et j’avais trouvé une entreprise susceptible de l’aider. Le moment venu, l’athlète en question n’a jamais envoyé les documents concernant son parcours et ses réalisations. Comme le veut l’expression populaire, aide-toi et le ciel t’aidera. Bref, elle s’était tirée dans le pied. Presque un an plus tard, elle a osé me recontacter pour de l’aide. Je vous laisse deviner la suite…

Une autre fois, c’est la chargée des communications d’une municipalité qui me contacte au nom d’une jeune athlète prometteuse. Elle avait besoin d’un coup de pouce pour se faire voir et entendre. J’ai acquiescé. Résultat : elle ne s’est pas présentée en ondes au moment convenu (me laissant à mes talents d’improvisateur) et alors que je lui demandais depuis des semaines de m’informer de ses disponibilités pour le tournage d’un clip à son sujet, elle préférait publier et commenter des photos sur Facebook au lieu de me répondre. Je vous laisse deviner la suite…

«OUI, JE VAIS ÊTRE LÀ, JE TE LE CONFIRME.»

Je ne veux pas faire le décompte des fois où des athlètes et des personnes ne se sont pas présentés pour un tournage, l’exercice serait trop pénible…Pour ajouter l’insulte à l’injure, certains ne se présenteront même pas au 2e rendez-vous fixé. Distance parcourue, location d’équipement, énergie dépensée, budget écorché. L’indifférence totale ou l’incompréhension à son état pur.

Pire, des athlètes manifesteront de la jalousie sur le nombre de tournages  réalisés avec leurs homologues et se plaidront de ne pas avoir assez de vidéos d’eux de publié sur mon site. D’autres ne prendront même pas le temps de publier à leur entourage et leurs nombreux contacts Facebook les vidéos dans lequel ils apparaissent.  

MÉTIER INGRAS

Un collègue de Radio-Canada me racontait l’histoire d’un photojournaliste qui a offert une bonne visibilité à une patineuse artistique dès ses débuts et tout au long de sa carrière. Une fois couronnée aux Olympiques, elle lui a tourné le dos pour vendre sa salade en exclusivité sur un réseau richissime. En dépit du fait que l’athlète en question n’aurait désormais plus de souci financier pour longtemps. « C’est comme ça. J’ai fait des tas de reportages pour des équipes et des personnes où je les mettais en valeur, tu le sais on a peu de temps pour nos topos et chaque mot est soupesé. Les gens ne comprennent pas tout le temps impliqué. Je n’ai jamais eu de remerciements, pour eux c’est normal, me disait-il au téléphone dans une longue conversation sur le sujet.»

Tous sports confondus, la seule personne qui m’ait signifié une reconnaissance formelle pour mon implication (et non un commentaire arraché après un questionnement de ma part), c’est l’homme fort Mikes Saunders avec un courriel personnel. Quoique je sache que d’autres apprécient tout de même mon travail sans nécessairement me le souligner.

Gi Simon Baillargeon Studio 2012

En compagnie de mon collègue et ami, Simon Baillargeon.

Je ne pratique pas ce métier avec pour objectif premier d’obtenir des remerciements ni d’être couvert d’éloges. Pour moi la reconnaissance de mes pairs journalistes comme Simon Baillargeon du Journal de Québec et de photographes de talent comme Bob Lévesque, me procure déjà une certaine satisfaction. Toutefois,  l’expression de la gratitude de la part des gens à qui l’on offre une tribune est toujours appréciée.

Ironiquement, dans les dernières semaines,  je suis à planifier et à étudier les possibilités pour faire une campagne de promotion et de levée de fonds pour le champion canadien et du coup pour La Fache Cachée de la Force.  Encore là, mis à part son horaire chargé, les communications de renseignements ne sont pas ce qu’elles devraient être pour faire avancer les démarches.

«C’EST TON FILM»

Gino A. Vaillancourt

Oui, La Face Cachée de la Force est mon projet, mon oeuvre, ma vision qui se concrétise étape par étape depuis des années. Nonobstant, s’il s’agissait d’un simple documentaire fait de plusieurs reportages cumulés et rapiécés, le film serait déjà fini et aurait autant de saveur que le reportage Les francs tireurs et de profondeur qu’une entrevue à C’est ça la vie où il est davantage question de soft news frisant le freak show

La Fache Cachée de la Froce met en avant plan des personnes et ça,  c’est un réel travail anthropologique. On n’entre pas dans la vie des gens, dans leur bulle si facilement. Encore moins caméra au poing. Il faut apprendre à les connaître et obtenir leur confiance. Pour ensuite, témoigner de ce qu’ils sont vraiment. C’est un long processus. Ça prend tu temps. Beaucoup de temps. Tant le réalisateur que les sujets du film doivent  s’impliquer au même niveau. Par ailleurs, ceux qui ont cherché à projeter une fausse image d’eux-mêmes seront victimes de leurs propres mensonges divulgués à la caméra, une fois le film terminé.

«ÇA ME DONNE QUOI À MOI ?»

Au milieu des années 70, un réalisateur a approché Arnold Shwarzenegger pour faire un film aux allures de documentaire sur le monde peu connu du culturisme. Arnold avait déjà pris sa retraite et ne comptait plus compétitionner dans cette discipline et déclina d’abord son offre. Après qu’il ait insisté, Arnold a considéré tous les sacrifices que cela impliquait et a tout de même décidé  d’embarquer dans la vision du réalisateur pour avoir un lègue visuel et en espérant que cela lui serve de tremplin.  Ce qui fut le cas.

Loin de là est ma prétention de produire une oeuvre aussi marquante et populaire que celle de Pumping Iron. Tout comme aucun de mes sujets ne s’approche de la figure emblématique qu’était et qu’est encore Arnorld. Reste que c’est désolant lorsque les athlètes perdent la motivation et ne participent pas comme ils le devraient au projet. Attristant et éreintant de constamment devoir convaincre les athlètes de prendre un peu de leur temps pour des tournages. Comme si je devais lutter pour qu’ils gardent un intérêt pour le film dont ils sont les sujets.

PRIORITÉ

Comme je le raconte dans le magazine FitnessQuébec présentement en vente, j’ai fait de ce film ma priorité professionnelle et personnelle depuis plus de 4ans. En investissant aveuglément et en négligeant plusieurs aspects de ma vie dans l’espoir de décrocher une licence de télédiffusion d’une chaîne télé spécialisée et d’obtenir des subventions pour m’implanter en tant que réalisateur et producteur. J’assume entièrement. Malheureusement, j’ai été maladroitement conseillé et victime de compressions budgétaires.

On dit que 10 000 difficultés ne fondent pas un doute. Un beau proverbe qui vise à stimuler la persévérance. En revanche, le manque de collaboration et de réciprocité peuvent remettre sérieusement les priorités en cause et l’importance accordée à autrui.

Voici donc les réalités avec lesquelles je compose et mon souhait, outre que ce texte soit lu en entier par les gens avec qui je travaille,  c’est que les gens prennent conscience que la qualité de leur implication dans le film est à tout à leur avantage. Tout comme chaque athlète a intérêt à participer à sa propre mise en marché en se donnant le plus de visibilité possible et en entretenant des relations saines avec les journalistes et les médias.

«LA FIN EST IMPORTANTE  EN TOUTE CHOSE» -HAGAKURÉ, un livre sur le code des samouraïs datant de 1710.

Pour être certain d’être bien compris, ce texte ne se veut pas une succession de bitcheries, mais bien un appel à la conscientisation pour une meilleure collaboration, car tout le monde y trouvera son compte.

J’ai développé des amitiés certaines dans le milieu et j’ai aimé célébrer le jour de l’an au domicile du champion canadien actuel.( Il est d’ailleurs plus hospitalier que deux autres anciens champions avec qui j’ai travaillé.) J’ai d’ailleurs pris soin de l’informer de la nature du texte. En aucun temps ces écrits ne se veulent des attaques personnelles.  J’ose espérer que les gens sauront faire la part des choses.

PROCHAIN TEXTE À VENIR :

LE BILAN DE LA FACHE CACHÉE DE LA FORCE

*Prendre note que cette production est un film comportant beaucoup d’éléments fictifs et non un documentaire, car nous savons maintenant que plusieurs scènes ont été orchestrées, que plusieurs déclarations d’Arnold étaient complètement fausses que la réalité des sujets a été largement déformée.

Une réponse à “À 29:15 LA DÉCEPTION TOTALE

  1. J’ai bien aimé ton texte le Guerrier. Il faut prendre le temps de te lire et ne pas manquer de t’encourager. Lâche-pas ! Christian Savoie, homme le plus fort du Canada 2009-2010.

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